On a vu récemment les relations diplomatiques de la France avec les Balkans se refroidir considérablement, suite à quelques remarques de l’ambassadeur de France, visant le mouvement Vetëvendosje qui considère que l’ambassadeur ne respecte pas les limites de sa mission diplomatique.
Le mouvement Vetëvendosje
Ce mouvement citoyen « autodétermination » est né en 2005, lorsque les négociations sur le statut du Kosovo étaient au point mort. Depuis cette époque, toujours pacifiquement, mais porté par un grand soutien populaire, Vetëvendosje s’est opposé à la Minuk (Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo), considérée un peu comme un envahisseur. Depuis la mise en place de la mission européenne Eulex, dont le but est de remplacer provisoirement la Minuk, Vetëvendosje a reporté ses actions sur cette organisation, les Kosovars vivant cette intervention extérieure comme une forme d’occupation. Le discours de Vetëvendosje est parfois un peu radical, mais ce mouvement entraîne l’adhésion d’une grande partie du Kosovo et il est devenu incontournable dans la région.
Les raisons de la brouille
Le premier incident a eu lieu à l’automne 2011, lorsque les militants de Vetëvendosje avaient interrompu une conférence du ministre de l’intérieur et de l’ambassadeur de France, sur la libéralisation des visas. Jean-François Fitou, ambassadeur de France, s’était alors adressé aux contradicteurs en les accusant de se « comporter comme des bandes fascistes ». Le charismatique dirigeant de Vetëvendosje, Albin Kurti, avait alors envoyé une lettre ouverte à M. Fitou, lui demandant s’il exprimait là sa propre opinion ou la position officielle de la France, et rejetant cette accusation considérée comme « offensante ». Le 7 décembre, Vetëvendosje a déposé une motion auprès du Parlement du Kosovo, demandant le rétablissement des « mesures de réciprocité » avec la Serbie. À la surprise de tous, la motion a été adoptée, ce qui revenait à remettre en place un embargo sur les produits en provenance de la Serbie. L’ambassadeur de France a alors qualifié d’ »infantile » cette demande, provoquant ainsi un tollé de la part des dirigeants de Vetëvendosje qui considèrent que l’ambassadeur est « sortie des limites de sa mission diplomatique ». Le résultat de cette situation est que Vetëvendosje réclame le rappel en France de l’ambassadeur, Jean-François Fitou.
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